La Compagnie Gilles Provost
Fondée en 1974, la Compagnie Gilles Provost devient rapidement « le symbole d’un professionnalisme sans égal en Ontario français à l’époque1». La compagnie propose sur papier un théâtre de création plutôt que de répertoire, mais Provost ne mettra en scène qu’un seul texte de création d’une autrice de la région, soit Délivrez-nous du mâle. Amen! de Gaby Déziel-Hupé, préférant monter des pièces issues du répertoire québécois2.
La compagnie « affirm[e] son appartenance aux deux identités francophones présentes dans la région3 » et, ainsi, s’adresse autant au public d’Ottawa qu’à celui de l’Outaouais québécois. L’absence d’un lieu fixe à Ottawa permettant la diffusion d’un théâtre professionnel fait en sorte que les spectacles de la compagnie sont présentés surtout du côté de Hull. La Compagnie Gilles Provost cesse ses activités en 1977, alors que Provost devient directeur artistique du Théâtre de l’Île l’année précédente.
1 Joël Beddows (2001). « Tracer ses frontières », dans Hélène Beauchamp et Joël Beddows (dir.), Les théâtres professionnels du Canada francophone : entre mémoire et rupture, Ottawa, Le Nordir, p. 55.
2 Joël Beddows (2003). L’institution théâtrale franco-ontarienne (1971-1991) : entre mission communautaire et ambition professionnelle, thèse de doctorat (Drama, Theatre and Performance Studies), Toronto, Université de Toronto, p. 125.
3 Ibid.



