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Catalogue CRCCF

Le théâtre dans la région de la capitale nationale dans les années 1950

Programmation de la saison mai/juin 1948 présentée par The Stage Society, première série de 6 pièces mises en scène par Malcolm Morley à L’Académie de La Salle, Ottawa, mai-juin 1948. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Gilles Provost (P420), P420-S2-SS32-D1-2.

Gilles Provost a beaucoup parlé en entrevue de son premier contact avec le théâtre à l’âge de dix ans : « C’était un samedi après-midi. Le 15 mai 1948 pour être exact1 ». En 1948, The Stage Society, « première troupe professionnelle d’Ottawa2 », présentait une pièce en anglais chaque semaine à l’Académie de La Salle et mettait en vedette de jeunes acteurs et actrices tels Christopher Plummer ou Amelia Hall.

The Rivals, pièce présentée par The Stage Society. De gauche à droite : Floyd Caza, Richard Backley, Dale Macdonald, Jack Ammon, Christopher Plummer, Daphne Thompson, Ruth White, Derek Ralston, Betty Leighton, photographe : Newton Ottawa, 1948-1949. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Gilles Provost (P420), Ph326-4187.

La compagnie devient l’année suivante le Canadian Repertory Theatre et Amelia Hall en sera la directrice artistique jusqu’à la fin des activités de la compagnie en 1956. En plus de Christopher Plummer, c’est aussi avec cette compagnie qu’un certain William Shatner commence sa carrière théâtrale. Du côté francophone, au tournant des années 1950, certaines compagnies montréalaises ou françaises présentent leurs spectacles en tournée dans les salles paroissiales, les auditoriums ou les salles de cinéma d’Ottawa et de Hull, mais le manque d’infrastructure de même que la compétition créée par l’avènement de la télévision concourent à favoriser le développement du théâtre amateur local et d’un bassin d’artistes résidant dans la région d’Ottawa-Hull.

Du côté de Hull, justement, René Provost fonde l’École d’art dramatique en 1945. Entre 1945 et 1966, René Provost « dirige ses élèves dans plus de 75 productions3 » et, à partir des années 1950, « fait régulièrement appel à des comédiens professionnels4 ». Les programmes présentés ici témoignent des spectacles que Gilles Provost a vus dans son enfance et son adolescence et qui ont su lui donner une mission, celle de « faire rire et de faire pleurer les gens5 »

1 Denis Gratton (2013). « Gilles Provost, l’homme de théâtre », Le Droit, Ottawa, 19 octobre.
2 Marcel Fortin (1986). Le théâtre d’expression française dans l’Outaouais : des origines à 1967, thèse de doctorat (Lettres françaises), Ottawa, Université d’Ottawa, p. 65.
3 Ibid. p. 246-247.
4 Ibid., p. 249.
5 Gratton, « Gilles Provost, l’homme de théâtre »