L’ACELF : une tribune unique et un point de ralliement
Répondant à un appel de l’épiscopat canadien pour organiser une association canadienne d’éducateurs catholiques, le Comité permanent de la survivance française en Amérique, devenu le Conseil de la vie française en Amérique en 1956, forme un comité provisoire qui mène à la création de l’Association canadienne des éducateurs de langue française en novembre 1947. La nécessité d’une telle association découle de la croissance rapide des établissements d’enseignement de langue française. Dès son premier congrès en 1948, on prend d’ailleurs conscience de la diversité des expériences éducatives des francophones au Canada.
Fondée à Ottawa, où elle aura son siège social avant de se déplacer à Québec, l’ACELF devient une tribune unique et un point de ralliement des éducatrices et éducateurs franco-catholiques. En 1965, elle se déconfessionnalise et admet dorénavant des membres « qui ne professent pas la religion catholique », reflétant ainsi les débats intellectuels qui ont cours dans les milieux catholiques canadiens-français depuis déjà plusieurs années, ainsi que le courant mondial de sécularisation qui fait suite aux travaux du Concile Vatican II (1962-1965).
[…] l’Association canadienne des éducateurs de langue française, avec tous les droits et les pouvoirs conférés par ladite loi, et pour les fins et objets suivants, savoir : (a) Servir la cause de l’éducation catholique et française au Canada. (b) Susciter l’intérêt et stimuler l’action dans le domaine d l’éducation catholique et française. (c) Favoriser la coopération et la coordination de tous les organismes d’éducation et de tous les éducateurs catholiques et français sur toutes les questions d’intérêt commun. (d) Mettre à la disposition des éducateurs catholiques de langue française un service de renseignement.
La nouvelle Association sera donc, dans le domaine de l’éducation catholique et française par tout l’Amérique du Nord, un instrument indispensable de cohésion et de force pour l’enseignement à tous les degrés, un centre de vie française inspiré par la saine pédagogie et les principes de base de notre philosophie en éducation; enfin, un puissant médium de renseignements et d’unité nationale.
E.-C. Desormeaux, Président du Comité permanent de la Survivance française en Amérique, en préface du compte rendu du premier congrès tenu à Ottawa, les 27-28-29 août 1948.
En 1968, elle prend officiellement le nom d’Association canadienne de l’éducation de langue française pour traduire l’étendue des domaines de spécialisation de ses membres.




